Infos dernières

Les astuces du samedi: Comment freiner efficacement un véhicule

Freiner et s’arreter sur une distance la plus courte est une opération que les automobilistes ont tendance à négliger du fait des équipement d’aide à la conduite embarqués dont sont dotés la plupart des véhicules recents. En effet, la plus grande partie des voitures vendues aujourd’hui sont équipées de freins avec antiblocage des roues, l’ABS. On appuie sur la pédale de frein, le véhicule ralentit ou s’arrête sans qu’il soit besoin de faire autre chose. Pour votre sécurité, il est important d’apprendre à freiner et à vous arrêter sur la plus courte distance possible, et ce, tout en gardant le contrôle de votre véhicule.

Dans ce qui suit ont expliquera la manière optimale de freiner et s’arrêter que ce soit avec un véhicule doté de l’ABS ou non.

Comment Freiner et s’arrêter avec un ABS:

1/ Enfoncez fermement et doucement la pédale de frein. Quand on freine avec une voiture équipée de l’ABS, on sent une certaine vibration sous le pied, parfois surprenante. Ne craignez rien! Ces freins se comportent exactement comme cela. Enfoncez la pédale rapidement, mais progressivement. On ne doit pas appuyer d’un coup et à fond. C’est ainsi que vous aurez un freinage parfait. Le but est d’arriver, sans le dépasser, au point de rupture de la traction des pneus. Répétons-le: on n’appuie pas sur une pédale comme un malade même si votre véhicule à un ABS!

  • La technique consiste à enfoncer la pédale rapidement et à fond, tout en calant bien votre pied gauche sur le côté pour ne pas être déséquilibré.
  • Quand vous avez obtenu le ralentissement suffisant, vous pouvez ne plus appuyer sur la pédale et même relever légèrement le pied, tout en conservant un bon freinage.

2/ Évitez de freiner et de tourner brusquement en même temps. Il faut freiner et virer le plus doucement possible. Une rotation brusque du volant pendant le freinage et vous risquez tout bonnement l’embardée. Combien d’accidents dramatiques ont eu lieu, car les conducteurs ont voulu éviter un animal qui traversait et ont finalement percuté un arbre ou la voiture qui venait en face! Bien entendu, quand c’est un enfant qui surgit devant votre voiture, vous n’avez pas d’autre choix que de tourner brusquement le volant. Pour anticiper ce genre de situations, il est bon de s’exercer en un lieu propice pour voir comment votre véhicule réagit en de telles circonstances. Voici quelques techniques de freinage.

  • Le survirage : cette technique consiste à virer tout en continuant à freiner doucement. La voiture pique alors du nez, la pression sur les pneus avant est très forte, l’adhérence à la route également, le contrôle de direction est maximal. C’est une technique classique qui devrait être maitrisée par tous les conducteurs.
  • Le trail braking : cette technique consiste à retarder sensiblement son point de freinage tout en prolongeant son freinage dans la courbe en « léchant » littéralement les freins. La charge sur le train avant est plus importante qu’un passage en courbe classique, la traction est meilleure.
  • L’arrêt d’urgence : si vous n’avez pas d’autre choix, il faut faire un « pile », même au milieu d’un virage. Avec un ABS, il faut appuyer sur la pédale de frein à fond. Sans ABS, il faut freiner assez fort (à 70 %) tout en tournant le volant.

3/ Le frein moteur n’est pas fait pour les freinages d’urgence. Par nature, la boite de vitesses a été conçue pour adapter le régime du moteur aux circonstances de la route. Globalement, on s’en sert surtout pour accélérer. Au départ, elle ne faisait pas partie du système de freinage. Sur une semi-remorque, il en va bien sûr différemment. Le poids du véhicule est tel que le recours au frein moteur est nécessaire pour accompagner le freinage classique. Sur un véhicule léger, ce n’est pas nécessaire dans la mesure où vos freins sont en bon état. Cependant, il est des situations durant lesquelles il est prudent de recourir au frein moteur : c’est le cas, par exemple, sur les portions de route à forte déclivité, surtout si elles sont longues et sinueuses.

  • En cas de forte pente, la seule utilisation des freins entraînerait une surchauffe des disques et des plaquettes, ce qui peut aboutir à une rupture des freins. Avec le frein moteur, vous utilisez moins vos freins, qui n’en seront que plus efficaces. En contrepartie, votre moteur est en surrégime et génère donc beaucoup de chaleur, laquelle sera dissipée par le circuit de refroidissement.

4/ Concentrez-vous sur l’endroit où vous voulez aller. Ne pensez pas à ce que vous voulez éviter. Il est très difficile d’éviter un obstacle si on se focalise sur celui-ci. Or, le réflexe naturel est justement de ne regarder que l’obstacle qu’on veut à tout prix éviter. Ce qu’il faut faire en quelques secondes, mais cela demande un entrainement préalable, c’est repérer de chaque côté de l’obstacle quelles sont les échappatoires possibles et bien savoir où vous en êtes de votre freinage, si vous avez encore de la marge ou non.

 

Comment Freiner et s’arrêter sans ABS:

1/ « Écrasez le champignon ». En l’absence d’ABS, il faut freiner différemment. Vous devez enfoncer fermement la pédale de frein pour vous arrêter, le freinage n’est pas démultiplié. Cependant, il ne faut pas appuyer à fond pour éviter de bloquer les roues. Là est toute la difficulté : trouver le point de la course qui permet un bon freinage sans bloquer les roues. Pour donner un ordre de grandeur, il faut s’arrêter à environ 1 cm de la butée de pédale. Si vous appuyez trop fort sur la pédale, les freins se bloquent et votre véhicule devient alors incontrôlable.

2/ Freinez juste en deçà du blocage des roues. C’est ce qu’on appelle le « point de freinage » : vous avez alors le maximum de freinage. Vous devriez entendre un faible crissement qui vous indique que vous êtes en perte de vitesse maximale, mais les roues tournent toujours. Si vous sentez que la voiture change de trajectoire, c’est que les roues sont bloquées. Il faut alors lever le pied, puis freiner à nouveau.

3/ Ne regardez pas l’obstacle que vous voulez éviter. Regardez de chaque côté de l’obstacle quelles sont les échappatoires possibles. Si vous êtes hypnotisé par cet obstacle, vous serez incapable de gérer votre freinage au mieux de vos intérêts. C’est votre freinage qui doit retenir toute votre attention.

4/ Appuyez votre pied gauche sur le montant de l’habitacle. Ainsi, vous vous protégerez un peu mieux en cas d’accrochage, mais surtout cela vous aidera à mieux doser votre freinage.

5/ Exercez-vous à trouver le point de freinage. Cette technique est un peu longue à maîtriser, aussi faut-il bien vous exercer au préalable, sur un parking vide, par exemple. De même, aussi souvent que cela est possible et quand la route le permet, entraînez-vous lors de vos déplacements à freiner fortement et doucement pour bien peaufiner vos techniques de freinage : cela pourrait bien vous sauver la vie, le cas échéant.

  • Lors d’un entrainement, pour bien visualiser les distances de freinage, avec ou sans blocage de roues, vous pouvez mettre des repères au sol. Placez un repère de début de freinage et des repères pour chaque type de freinage. Constatez les différences et tirez-en les conclusions qui s’imposent.
  • Autre possibilité de freinage : bloquez volontairement les roues. Relevez le pied de la pédale pour débloquer les roues, puis freinez à nouveau jusqu’au point de freinage. Là, de deux choses l’une : ou vous allez dépasser le point de freinage ou vous allez trouver la bonne position de la pédale. C’est à cet instant que vous verrez si vous avez acquis la technique.
  • Nota bene : il y a un point de freinage pour chaque type de situations. Exercez-vous à le trouver sur route sèche, mouillée, enneigée…, à petite, moyenne et grande vitesse.

Quelques conseils:

  • Si les freins arrière freinent davantage que ceux de l’avant, ne prenez plus votre véhicule. L’idéal est d’avoir des freins aussi efficaces à l’avant qu’à l’arrière. Cependant, les constructeurs règlent leurs véhicules en sorte d’avoir un léger surfreinage à l’avant. Dès lors, vous comprenez bien que si ce sont vos freins arrière qui se bloquent, c’est qu’il y a un problème. Ne prenez plus votre voiture. Elle doit être réparée au plus tôt par un professionnel. Votre garagiste pourra vous proposer de mettre des garnitures différenciées, plus efficaces à l’avant ou moins, à l’arrière. Si les freins arrière ont tendance à se bloquer, relâchez un peu la pédale lors du freinage. Si vous freinez et que le train arrière se bloque, vous risquez de faire un tonneau.
  • Si vous constatez une différence de freinage entre l’avant et l’arrière et que vous ne pouvez rien faire sur le moment (nettoyage, remplacement…), il faut savoir réagir. Si les freins avant freinent plus que ceux de l’arrière, freinez normalement. La distance de freinage sera certes plus longue, mais il n’y a pas d’autre solution.
  • Les freins ont parfois besoin d’un bon nettoyage. Nul besoin de les démonter. Roulez à grande vitesse, 100-110 km/h, puis freinez brusquement (en toute sécurité) sans bloquer les roues. Cela devra nettoyer les surfaces de contact des garnitures et des disques.
  • Entraînez-vous dans un lieu sans danger. Se protéger, protéger les siens et enfin prendre soin de sa voiture, tout cela vaudra mieux que savoir bien freiner. Soyez prudent !
  • En cas de freinage brusque, on entend un crissement plus ou moins marqué. C’est signe que vous êtes en limite d’adhérence. Le bruit ne doit pas s’amplifier, sinon c’est la sortie de route.
  • Si votre freinage est déséquilibré (les freins arrière sont plus efficaces que ceux de l’avant ou l’inverse), c’est surement qu’il faut changer les plaquettes ou les disques.
  • Sur une chaussée offrant une moindre adhérence (gravier, neige, verglas…), vous n’entendrez aucun crissement et le point de freinage sera bien plus difficile à repérer. Sur de telles surfaces, il vaut mieux éviter de se retrouver à freiner brusquement. Ralentissez et vous garderez le contrôle du véhicule.
  • Sur un véhicule qui présente un défaut de répartition de freinage (le côté gauche freine mieux que le droit ou l’inverse), il faut savoir anticiper et rectifier cette chasse avec le volant. En tout état de cause, votre véhicule doit être réparé rapidement.
  • Pour stopper plus vite, vous pouvez utiliser en plus le frein à main. La technique est simple : il faut soulever le frein à main doucement dans un premier temps, puis plus rapidement ensuite. Avec de la pratique, on y arrive aisément.

Importants à connaitre:

  • Des freinages répétés ou prolongés sur un court laps de temps et à grande vitesse entrainent fatalement une surchauffe des freins. Le freinage est alors beaucoup moins efficace, voire inexistant. Si, au cours d’un long parcours durant lequel il y a eu de nombreux freinages, vous remarquez un allongement des distances de freinage ou si la pédale de frein est plus molle, arrêtez-vous et laissez refroidir vos freins.
  • Ce n’est pas parce que vous maitrisez maintenant ces techniques de freinage, que vous devez vous sentir obligé de multiplier les arrêts brusques ou de serrer de trop près le véhicule qui vous précède. Conduisez prudemment en gardant vos distances de sécurité vis-à-vis des autres voitures et des piétons.
  • N’enfreignez pas la loi ! Respectez les limitations de vitesse, les panneaux, les injonctions des forces de l’ordre.
  • Si vous dépassez le point de freinage, vous risquez de perdre le contrôle du véhicule. Aussi faut-il toujours garder un minimum d’adhérence avec la route, si vous ne voulez pas partir dans le décor. C’est pourquoi nous vous recommandons de bien lire la 3e étape de la seconde partie de cet article.
  • Ayez toujours une conduite responsable. Faites attention aux autres véhicules, aux deux-roues et aux piétons.
  • C’est peut-être une évidence, mais il est hors de question de s’exercer sur la voie publique. Il faut vous entraîner chez vous si vous avez la chance d’avoir un espace suffisamment grand. Vous pouvez aussi utiliser un grand parking vide (un vendredi, par exemple).
  • En cas de freinage d’urgence, il arrive que le volant se mette à vibrer fortement. On dit que les freins « broutent ». L’explication est simple : il s’agit d’une surchauffe des freins. Lorsque les plaquettes sont en surchauffe, elles se désagrègent et les résidus se collent aux disques. Cela arrive donc après un freinage brusque, alors que le conducteur maintient quelques secondes la pédale de frein enfoncée. Le disque est à très haute température (à cause du frottement intense), toute surface de la plaquette en contact avec le disque se décompose et se colle au disque. Résultat : vous avez çà et là sur votre disque de petits amas de garniture durablement fixés. Quand vous freinez à nouveau, ce sont eux qui font « brouter » la voiture.
  • Lors d’un freinage d’urgence, on assiste à une usure massive de la gomme des pneus. Qui n’a jamais vu ces traces noires sur le bitume ? Vos quatre pneus n’ont alors plus la même adhérence, aussi convient-il de les faire contrôler pour voir si tout va bien.
  • Il est hors de question, avec une boite de vitesses automatique, d’utiliser la marche arrière pour ralentir le véhicule. Vous risqueriez de caler, ce qui vous priverait alors de freins et de direction.

(avec wikihow.com)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*