Infos dernières

Brexit: Les constructeurs automobiles asiatiques inquiets

Devant le flou des conséquences du Brexit, les groupes automobiles restent très prudents. Plusieurs constructeurs asiatiques possèdent des usines en Grande-Bretagne et s’inquiètent.

En attendant de savoir à quelle sauce ils seront mangés avec le menu « Brexit », les géants de l’automobile ont mis les « warning ». « Une période d’incertitude commence maintenant », déplore BMW, propriétaire des marques Rolls-Royce et Mini. « Géographiquement, ce pays est peut-être une île, mais ce n’est pas vrai politiquement et économiquement », s’inquiète Dieter Zetsche, le grand patron de Daimler.

En clair, la plupart des constructeurs et des équipementiers semblent décidés à lever le pied, pour un temps du moins, sur leurs projets en Grande Bretagne, où 800.000 personnes travaillent dans l’automobile. « Nous ferons ce qu’il faudra pour rester compétitifs en Europe », prévient même Ford, qui pourrait comme d’autres revoir son implantation, au détriment du Royaume-Uni.

L’accès au marché européen déterminant

A vrai dire, les premiers concernés sont les salariés des constructeurs asiatiques, qui utilisent le Royaume-Unis comme tête de pont en Europe (57 % de la production automobile britannique a été écoulée sur le continent l’an dernier). « Nous n’avons pas d’autres choix que d’être plus prudents dans nos investissements, y compris pour des décisions telles que produire un modèle nouveau ou significativement modifié en Grande-Bretagne », a affirmé le responsable d’un constructeur asiatique présent sur place, cité par Reuters.

Ainsi, Toyota, qui gère deux usines au Royaume-Uni (en Angleterre et au Pays de Galles), va « surveiller de près » la suite et « voir comment maintenir la compétitivité » des deux sites, dont 90 % de la production est exportée. Lundi, le géant japonais avait soufflé que « l’accès ouvert et gratuit au marché européen était critique » pour son activité, craignant l’instauration de droits de douane sur les véhicules et les pièces détachées qui pourraient atteindre 10 % du prix de vente. En revanche, ces constructeurs vont bénéficier de la baisse de la livre.

Réajustement des tarifs

Chez Honda, on dit continuer à préparer « prudemment » la mise en production de la nouvelle Civic à Swindon. Pour Nissan, la situation est tout aussi délicate. Le partenaire de Renault assemble un demi-million de véhicules par an à Sunderland, dans la plus grande usine du pays. Quant à Jaguar Land-Rover, propriété de l’indien Tata, le groupe avait estimé que son bénéfice annuel pourrait être amputé d’un milliard de livres sterling d’ici à 2020 en cas de Brexit…

Les producteurs ne sont pas les seuls à être inquiets. Les groupes qui exportent depuis le continent font aussi grise mine. En Bourse, Renault et PSA ont perdu plus de 13 % vendredi, et Volkswagen 10 %. Selon les premières estimations, le marché britannique devrait voir ses ventes reculer cette année : l’institut IHS Automotive prévoit ainsi une baisse de 7,5 % à 8,5 % des achats de véhicules outre-Manche en 2017. Chez PSA, qui détient 8,5 % de part de marché au Royaume-Uni, « les équipes étudient différents scénarii de réajustement des tarifs de ventes ». Pour tous, la potion promet d’être amère.

(Lesechos.fr)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*