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Quel avenir pour l’automobile?

L’industrie automobile ne cesse d’évoluer depuis la fin du 19eme siècle. elle est aujourd’hui à la croisée des chemins. Lors de nos pérégrination sur le web nous avons rencontré une analyse de Bernard Jullien, maître de conférences en économie à l’Université de Bordeaux, directeur du Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile (Gerpisa) en France. Selon lui pour que l’automobile poursuive son développement maîtrisé, des compromis doivent être réalisés entre automobile, et autres modes de déplacement par exemple. Voici plus bas le texte intégrale de sa contribution paru sur les colonnes de nos confrères de « Latribune ».

Au cœur du développement économique des nations, dès avant-guerre aux États-Unis et après-guerre en Europe et au Japon, l’automobile s’est inscrite comme une priorité de développement pour la plupart des nouveaux pays industrialisés. La Corée, la Chine, le Brésil, le Mexique, les nouveaux États membres de l’Union européenne, l’Inde, la Malaisie, la Thaïlande, l’Algérie ou le Maroc ont successivement su s’inscrire dans le paysage.

Ils ont ainsi confirmé et renforcé la place très cruciale que l’automobile a, comme industrie, dans la structuration des économies et de la géographie des espaces productifs. Si tel est le cas, c’est parce que, comme levier du changement social et humain, l’automobile demeure solidaire du développement des mobilités qui a accompagné systématiquement la croissance et qui induit des transformations majeures des territoires.

 

Développement maîtrisé

Faute de pouvoir résister à la puissance presque irrépressible que son développement représente, pays mûrs comme pays émergents, autorités centrales comme autorités locales, ONG écologistes ou communautés citoyennes mettent en balance de plus en plus clairement les coûts de ce développement et tentent de le discipliner.

La sécurité routière ou sanitaire, les émissions de gaz à effet de serre, l’emprise au sol, la maîtrise de l’occupation et de la structuration des espaces sont autant de bonnes raisons de le faire. Les technologies nouvelles associées aux nouvelles formes de motorisation d’une part et au numérique d’autre part ressortent alors comme de bons moyens d’y parvenir et d’obtenir enfin, un développement maîtrisé de l’automobile et de son impact social humain et territorial.

 

Compromis

De fait, sur le papier, réduire les émissions, limiter l’emprise au sol et la congestion associée à l’automobile et en articuler mieux l’usage avec d’autres formes de mobilité plus douces ou plus appropriées aux espaces dense est aujourd’hui un objectif soutenable. Il ne sera toutefois pas atteint sans que s’affirment fermement, face aux industriels et à leur volonté de voir prévaloir des solutions globales, des autorités régionales et locales qui montrent cette volonté de maîtrise et amènent les acteurs industriels à chercher avec eux des compromis.

Ces compromis seront à rechercher entre automobile et autres modes de déplacement, entre automobile en propriété et automobile partagée, entre automobile traditionnelle et automobile autonome, entre les motorisations thermiques et les autres.

 

Impulser une concurrence « glocale »

Ils porteront donc sur les formes admises ou souhaitées de développement du produit automobile. Ils seront dans le même temps à rechercher sur les formes de développement de l’automobile comme production et concerneront alors le contenu local des productions en composants produits sur place et, de plus en plus, en conception localisée dans les différentes régions ou différents pays.

Plutôt que de courtiser des acteurs globaux en tentant de les convaincre de rester ou de venir chez eux, les politiques doivent parvenir à impulser une concurrence, beaucoup moins globale et beaucoup plus « glocale », où les industriels auraient à convaincre les citoyens et leurs représentants qu’ils sont les meilleurs partenaires qu’ils puissent trouver pour faire respecter les choix démocratiques qui sont les leurs. On en est encore loin, mais on n’en a jamais eu autant la volonté et, techniquement, les possibilités.

(Bernard Jullien)

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