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Rififi au sein du groupe TATA

Coup de tonnerre en Inde, quelques jours avant Diwali, la fête des lumières : le président du groupe Tata, Cyrus Mistry (48 ans), successeur, depuis quatre ans, de l’emblématique Ratan Tata, est abruptement « démissionné » par le conseil de Tata Sons, Ratan Tata (78 ans) reprenant du service pour un intérim de quatre mois. Du jamais vu, surtout pour le célèbre conglomérat créé il y a 150 ans, devenu plus important à l’international qu’en Inde grâce à Ratan et dont l’image, l’éthique sont unanimement respectées. Ainsi, et c’est unique au monde, 66 % des dividendes remontant à la holding vont à des actions philanthropiques et à deux fondations. Malgré des fleurons très performants comme Tata Consulting Services, l’une des cinq premières sociétés de services et d’ingénierie en informatique, Jaguar Land Rover, Tetley, Tata Communications (25 % des câbles de communications du monde), d’autres filiales ont des soucis dont l’acier et l’automobile.

Le président débarqué a ouvertement critiqué les choix de son prédécesseur, bien qu’associé à ses décisions depuis une dizaine d’années, et s’est borné à se défaire d’actifs, loin de l’esprit maison. Arguant qu’il n’avait jamais eu les mains libres, il ébranle les milieux boursiers en faisant craindre des dévaluations d’actifs de 17 milliards d’euros. On lui répond que le groupe Tata est précieux, sa force ne résidant pas uniquement dans les systèmes d’évaluation et de valeurs d’un conseil d’administration, mais très largement aussi dans l’adhésion à ces valeurs des 600.000 employés dont l’esprit et la coopération ont construit le groupe et dont l’image a été ternie à leurs yeux. Ce coup de théâtre peut parvenir à rétablir l’image traditionnelle du groupe et une meilleure stratégie d’ensemble, mais aussi déclencher une guerre juridique sans merci, le président débarqué étant le fils du plus riche actionnaire de la holding (Pallonji Mistry). On retient son souffle. Est-ce-là une image Bollywood, une reprise en main par la famille Tata, qui en fait n’existe pas, ou le prélude à d’autres surprises ? Après un président qui ne s’appelait pas Tata, bien que parsi (la communauté zoroastrienne et la prospérité de Bombay), verra-t-on même encore un Indien diriger le groupe ?

(letelegramme)

 

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