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Sécurité routière: L’université et la société civile à la rescousse

Enfin les pouvoirs publics se sont rendu compte qu’il fallait s’adosser sur la réflexion universitaire et la société civile pour trouver les solutions justes au problème des accidents de la route dans notre pays. Bien sur en supposant que ces même pouvoirs appliquent les décisions prises par le Conseil intersectoriel qui a été chargé de la mise en place d’une stratégie de prévention routière et une direction déléguée devant s’assurer de l’application de cette stratégie, comme annoncé, dimanche à Alger, par le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Noureddine Bedoui.

Sous tutelle du Premier ministre, le Conseil intersectoriel sera chargé de mettre en place des stratégies d’envergure nationale en matière de prévention routière et de lutte contre les accidents de la route, a expliqué le ministre.

La Direction déléguée, elle aura un large champ d’action incluant, entre autres, la gestion des statistiques, le lancement d’études sur le terrain et la proposition de nouvelles lois sur la base de données concrètes, a-t-il expliqué.

Cette structure aura la possibilité de faire appel à des compétences diverses (universitaires, cadres de ministères, mouvement associatif…) et disposera de structures locales mises sous la tutelle du wali.

 

Les chiffres de l’université de Batna 1:

Lors de la journée d’étude sur l’évaluation du coût économique des accidents de la circulation organisée par le Centre national de prévention et de sécurité routière à l’hôtel Aurassi, le professeur Fares Boubaker, de l’université de Batna 1, révélé que les accidents coûtent au pays une centaine de milliards de dinars par an. Il a précisé que le chiffre de 100 milliards de dinars concernait l’année 2015, mais qui pourrait être considéré comme une moyenne pour les années précédentes.

Selon cet enseignant universitaire, un accident routier coûte 2,2 millions DA en moyenne, tandis que le coût engendré par le décès d’une personne suite à un accident routier est de l’ordre de 11 millions DA.

Le calcul du coût des accidents se base sur de nombreux paramètres dont le coût de prise en charge des blessés et de réparation des véhicules, le coût des embouteillages engendrés par un accident ainsi que le gain qu’aurait pu apporter à l’économie de son vivant une personne décédée suite à un accident routier.

Il a également été indiqué que les assureurs remboursent une moyenne de 45 milliards DA annuellement, soit un autre paramètre pris en considération dans le calcul du coût des accidents routiers. En outre, le coût des pertes financières dues aux accidents de la circulation représente 0,15% du PIB.

 

Pas plus d’accidents aujourd’hui qu’il y a 30 ans!

Selon une autre étude effectuée par la même université à Batna, et s’étalant sur la période 2007-2010, la comparaison du nombre d’accidents de la route et celui des victimes, avec les années 80, rapportés au nombre de la population et au parc de véhicules, est révélatrice sur bien des idées reçues. «L’insécurité routière aujourd’hui est, en gros, en train de revenir aux niveaux de l’insécurité des années 1985 (en termes de nombre d’accidents et nombre de tués) et se stabilise globalement à ce niveau », indique l’étude présentée hier, par Boubakour Fares, de l’Université de Batna, lors de la journée d’étude. M. Boubakour appelle à «relativiser », car, dit-il, «sur une longue période, le bilan de lutte contre les accidents est en réalité plutôt positif». Il explique qu’il faut « avoir à l’esprit qu’aujourd’hui, nous avons : une mobilité qui a explosé avec des extensions urbaines sans précédent, des conurbations, et des distances de déplacement qui s’allongent de jour en jour, une population qui a augmenté de plus de 50%; et un parc de véhicules multiplié au moins par 3 ». Pour l’orateur, « le bilan sur les accidents de la route établi par les médias est souvent très négatif ». « Il est vrai qu’il reste beaucoup de choses à faire et la lutte doit continuer. Mais ceci dit, nous pensons que les choses doivent être nuancées. Il y a des résultats encourageants et tangibles si l’on veut évaluer les performances de notre système de sécurité routière », ajoute Farès Boubakour.

(DZMOTION/APS/Le quotidien d’Oran)

 

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