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Prix des voitures en Algérie: Entre populisme et fumisterie

Une campagne de boycott sur l’achat de véhicule fabriqués en Algérie, est en cours en ce moment, principalement sur les réseaux sociaux. En cause, les tarifs de ces véhicules, jugés excessif par les instigateurs de cette campagne. Il faut reconnaître qu’elle a suscité l’intérêt de beaucoup de gens, pour des raisons évidentes. Au même moment, le gouvernement en rajoute une couche en publiant les tarifs des véhicules sorti d’usine. Voulant, par cette action, insinuer que les concessionnaires appliquent des tarifs élevé sur les voitures fabriquées et vendues chez nous.

Qu’en est-il au juste? Le consommateur algérien garde en mémoire les années d’avant 2014, où les petites citadines coûtaient, pour leur majorité, moins de 100 millions de centimes. Aujourd’hui le même véhicule, du même segment, frôle les 200 millions de centimes. Pour lui, encouragé par certaines officines, les prix actuels sont excessifs et les concessionnaires profitent de la conjoncture pour se sucrer sur son dos. En effet, le consommateur s’interroge sur le pourquoi des voitures assemblées localement et dont les composants ne sont pas assujettis aux droits de douanes et aux taxes en vigueurs, coûtent aussi cher.

Il faut savoir qu’entre les années d’avant 2014 et aujourd’hui la parité du dinars par rapport à l’euro a fortement augmenté d’où un prix plus élevé à l’importation. Aussi le nouveaux cahier de charge impose des équipements qui reviennent chers et poussent mécaniquement le prix du véhicule à la hausse.

Faisons une petite simulation sommaire: Une petite citadine, qui coûte en France 11.000 euro, reviendrait en Algérie à 1.555.672,00 dinars, si on prend en compte le taux de change actuel. Moins la TVA de 20%, qui est récupérable pour les produit exporté de ce pays, on obtient un prix de 1.242.138,00 dinars. si on rajoute le prix du transport qui est actuellement de 400 euros entre Marseille et Alger, la valeur du véhicule, hors taxes et hors droits de douanes est d’environ 1.298.598,00 dinars.

Le prix des composants entrants dans l’assemblage des véhicules en Algérie ne doit pas être loin de ce tarif. Auquel il faut rajouter la masse salariale, les frais de site ainsi que l’amortissement de la structure industriel. Ainsi on est pas loin du prix révélé par le ministère de l’industrie pour une petite citadine sorti usine, qui avoisinerait les 1.700.000,00 dinars. Et avec la marge du concessionnaire, on arrive aux prix actuels, tant décriés.

Il est certain que cette affaire des prix des voitures relève plus du politique que de la rationalité commerciale et industrielle. Le consommateur, manipulé à son insu par certains, devient l’acteur principal de cette fumisterie qui ne dit pas son nom.

Une bonne fois pour toute, il faut reconnaître que sans un dinars fort par rapport à l’euro ou au dollars et sans une cadence de production élevée au sein des usines locales, le tarif des véhicules n’a aucune chance de baisser.

 

 

 

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