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CITAL compte exporter des tramway pour faire face au ralentissement de l’activité

Face au ralentissement du secteur, CITAL, la Compagnie industrielle des transports algériens de Annaba, dont l’activité est l’assemblage et la maintenance de tramways, compte s’orienter vers l’export, selon une déclaration de son P-DG, Wahida Chaab.

“Nous essayons de nous positionner sur des marchés extérieurs, en particulier sur le marché tunisien. Nous sommes en train de se préparer à l’appel d’offres pour le projet de tramways de Sfax (270 km de Tunis)”, a-t-elle déclaré à l’APS.

La Tunisie envisage, en effet, de réaliser un nouveau projet de Tramway et des bus à haut niveau de service à Sfax, sur une longueur globale 69,9 km avec un coût estimatif de 2,8 milliards de dinars tunisiens (environ 1 milliard de dollars), selon les données de la Société de métro léger de Sfax (SMLS), publiées sur son site web.

Cette infrastructure qui sera réalisée sur quatre phases, comprend 115 stations et mettra en exploitation 57 rames de tramway et 61 véhicules BHNS. Les travaux de la première ligne vont démarrer en 2020 et se poursuivront sur deux ans et demi, pour un coût de 700 millions de dinars tunisiens (250 millions de dollars).

CITAL, qui a remporté lundi dernier le Prix algérien de la Qualité 2019, a été créée initialement pour satisfaire les besoins en tramways des projets en cours et futurs en Algérie. Mais avec la baisse des revenus du pays, suite à la chute des prix de pétrole depuis 2014, le gouvernement a été contraint de geler plusieurs projets du secteur notamment les Tramways d’Annaba, de Batna et l’extension du Tramway d’Alger reliant les fusillés à Bir Mourad Rais.

“Certes, le ralentissement de l’activité nous a touchés, comme toutes les entreprises algériennes dépendantes de la commande publique. Avec le gel des trois projets de tramways, l’impact a été direct sur l’usine d’Annaba. Mais pour ne pas perdre notre personnel formé et certifié, nous avons décidé de se redéployer nos efforts et de créer des nouvelles activités”, a expliqué Mme. Chaab.

Par ailleurs, l’entreprise compte livrer les 25 rames de tramway qui seront exploitées à Mostaganem à partir de 2020 et assurera sa maintenance. Les trains de grandes lignes “Coradia Algérie”, achetés en 2018 par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), seront également pris en charge par les services de la maintenance de CITAL, a-t-elle ajouté.

CITAL projette également de densifier son réseau de sous-traitance locale en accompagnant et certifiant davantage d’entreprises locales afin d’intégrer son processus de fabrication.

Selon la PDG de cette entreprise, qui a fabriqué jusque-là 145 rames de tramways, le taux d’intégration nationale a atteint un niveau “très appréciable” à 32% grâce à une quinzaine de sous-traitants qualifiés pour les tramways et qui travaillent spécifiquement pour CITAL, activant dans les domaines électrique, électronique, métallique, du câblage, verrerie et composite.

“Aujourd’hui, la sous-traitance n’est plus une simple instruction du gouvernement, c’est une nécessité économique, car elle nous permet, non seulement de baisser la facture d’importation, mais aussi d’être plus réactifs et efficaces”, souligne Mme Chaab.

Sur ce point, la première responsable de CITAL a souligné que l’importation représentait un “frein” pour l’activité de l’entreprise par rapport aux délais et à la qualité des produits.

“Il est difficile de renvoyer les produits non conformes à l’étranger, car cela nous fait perdre du temps. Nous travaillons beaucoup sur l’efficacité et nous devons donc développer un tissu de sous-traitants pour domicilier le maximum d’activité”, a-t-elle soutenu.

Dans ce sens, Mme Chaab a fait savoir que CITAL a intégré la révision générale dans son activité locale à travers deux ateliers basés à Annaba, dédiés aux pans (bougies) et aux systèmes de freinage.

“Auparavant, on devait envoyer certains équipements à l’étranger pour réparation, maintenant, la révision se fait en Algérie dans deux ateliers basés à Annaba, et qui sont les premiers en Afrique dans ce domaine”, a-t-elle relevé.

CITAL compte, en 2020-2021, intégrer encore d’autres bancs d’essai, ce qui permettra de rendre l’usine “plus autonome”, ajoute la même responsable.*

Créée en avril 2011 grâce à un partenariat algéro-français, CITAL est détenue par l’entreprise publique Ferrovial, à hauteur de 41%, l’Entreprise du Métro d’Alger (EMA), à 10%, Alstrom Transport France SA, à 43%, et Alstrom Algérie à hauteur de 6%.

Lancée dans le but de soutenir l’industrialisation du pays, CITAL, qui emploie 460 travailleurs, active dans l’assemblage et la maintenance à partir de kits de tramways du type Alstom Citadis et de rames automotrices du type Alstom Coradia Polyvalent pour le marché algérien, avec une capacité de fabrication de cinq rames par mois.

Il faut savoir que l’entreprise est responsable de la maintenance de six systèmes de tramways, à savoir celui d’Alger (41 rames), Oran (30 rames), Constantine (27 rames), Sidi Bel Abbès (30 rames), Ouargla (23 rames), Sétif (26 rames) et Mostaganem (25 rames) qui sera livré en 2020.

( avec APS)

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